Coca, c'est moi !

Coca, c'est moi !

mercredi 4 avril 2012

Le dodo

Ah, dormir, voilà bien une occupation agréable. Le confort et la relative sécurité du terrier de bipède permet des siestes de toute sorte, bien que parfois perturbées par des bruits incongrus. Car tout de même, nous sommes des lapins, et il est de bon ton de ne dormir que d'un œil et de se tenir prêt à détaler à tout instant en fonction de la situation. Mais globalement, je n'ai pas à me plaindre, je dispose de plusieurs endroits fort plaisants pour m'adonner au sommeil plusieurs fois par jour.

Les bipèdes, eux, ne dorment pas comme nous. Déjà, ils ne peuvent dormir que complètement affalés, je n'ai jamais vu ma bipède dormir assise ou debout, ou même simplement dans une position qui permet de se relever rapidement. Et puis, ils ferment toujours les yeux, un bipède qui a les yeux ouverts ne dort pas, soyez-en sûr. Enfin, ils dorment très longtemps, mais en une seule fois la plupart du temps, bien qu'une petite sieste puisse survenir de temps à autre. Je pense que tout cela tient à leur position de prédateur : oui, on peut dormir tranquille, quand on ne risque pas de se faire croquer à tout instant ! Enfin le bipède aime la plupart du temps se cacher complètement sous un épais pelage pour dormir. On les comprend, sans fourrure, on pourrait vite se refroidir en dormant !

Pendant le sommeil, il y a plusieurs types de bipèdes : il y en a qui produisent un espèce de fort ronflement, un peu le même genre de bruit que font les gros monstres qui parcourent la garenne des bipèdes. Et d'autres, dont fait partie ma bipède, qui sont complètement silencieux. Ça en est presque inquiétant, je vais parfois vérifier au niveau de son nez si elle respire toujours, mais oui jusqu'à présent, ça a toujours été le cas. Souvent même, je la réveille un peu en la poussant du museau, et elle me rassure par un petit geste à mon égard, une petite gratouille sur la tête, par exemple. Par contre, ceux qui font du bruit, on n'a aucun doute, ils vivent encore ! Encore une fois, c'est bien beau d'être un prédateur pour se permettre de faire autant de bruit en roupillant... non mais imaginez un peu si nous en faisions autant, ce serait comme d'aller faire des binkies sous le nez d'un renard, dans le genre discret ! Mais c'est vrai que les renards ne sont pas hyper courant chez les bipèdes.

Souvent, quand ma bipède est aux abonnées absentes, cachée sous son gros pelage, j'en profite pour dormir profondément aussi. Car ces périodes correspondent à un calme généralisé de l'ensemble du monde des bipèdes : il y a beaucoup moins de bruit provenant de la garenne, je pense que tous les bipèdes doivent dormir à peu près en même temps. Ce qui ne m'empêche pas de dormir également profondément en pleine journée, quand l'activité des bipèdes est à son comble. Je pense qu'en temps cumulé, nous dormons beaucoup plus qu'un bipède ! Mais par période beaucoup plus courte, je ne sais pas comment fait ma bipède pour dormir aussi longtemps sans manger, boire ou aller à la litière, mais elle le fait. Et à l'inverse comment elle peut rester éveillée tout ce temps, sans piquer un petit somme. Mais au moins pendant ce temps, elle est disponible pour me faire des câlins, et me permettre à moi de dormir en faisant plein de rêves étranges, où je parcours des garennes immenses... D'ailleurs, j'y retourne, parce-que c'est pas tout ça mais...

Zzzzzz...

A bientôt !
Coca

samedi 26 novembre 2011

Le bipède : leçon de choses

Les bipèdes, on sait tous à quoi cela ressemble ! Ce sont ces curieux animaux verticaux qui marchent sur 2 pattes. Mais moi qui en fréquente de très près, je peux vous dire que le bipède présente bien d'autres curiosités que ses membres allongés et déformés.

Tout d'abord, savez-vous qu'un bipède ne possède presque pas de poils? Surtout les femelles, les mâles semblant un peu mieux lotis. Dans la garenne, de loin, on a l'impression que seul leur visage et leurs pattes avant sont nus, mais c'est faux, ils sont entièrement nus. En tout cas, ils n'ont pas de pelage naturel digne de ce nom, rien qui protège du froid et du mauvais temps, ça c'est sûr ! Ce qui fait illusion, ce sont les pelages artificiels dans lesquels ils se glissent. J'ai déjà étudié de très près ces pelages, et certains sont constitués de matières naturelles tout à fait reconnaissables, telles que le poil de mouton, ou des fibres végétales diverses. D'autres sont des matières tout à fait étrange, dont rien n'évoque quelque chose qui existe dans la nature. Ils peuvent enlever et remettre ces pelages à volonté, ce qui leur permet de s'adapter à la température. Il en existe de toutes les formes et de toutes les couleurs, et ils adorent en changer régulièrement, ce qui signifie qu'il ne faut jamais se fier au pelage pour reconnaître un bipède. Toujours se fier à la reconnaissance nasale uniquement.

En fait il semble que leur pelage soit concentré sur la tête. Avec cette fois-ci une tendance inverse entre mâle et femelles : ces dernières sont généralement beaucoup mieux pourvues. Elles semblent d'ailleurs en prendre grand soin, et il me semble qu'il s'agisse pour les bipèdes d'un attribut sexuel. Ce reste de pelage, qui pourrait s'apparenter à la crinière d'un lion, peut être de couleur et de forme varié. Cependant là aussi, ils semblent capable de pouvoir en changer comme bon leur semble, donc ne pas s'y fier ! Le nez, seulement le nez !

A propos de nez, chacun sait que l'humain sent incroyablement fort. Dans le genre discret, il est le maître du règne animal, d'ailleurs nous savons bien qu'il s'agit de son principal point faible en situation de prédation, avec sa maladresse légendaire à la course. Pourtant le bipède est propre, mais il ne se lave pas comme nous : il se mouille entièrement et se frotte tout le corps avec ses longues pattes avant. Je crois qu'il se frotte avec des plantes, fleurs ou fruits, afin de tenter de masquer son odeur par ajout d'autres odeurs. Mais c'est loupé, même si l'odeur humaine est moins prenante tout de suite après sa toilette, les bonnes odeurs viennent seulement se rajouter à leur odeur naturelle, sans la remplacer. Heureusement leur origine non-humaine ne permet pas de les confondre avec l'odeur du bipède, ainsi ce dernier est toujours identifiable, même si cela peut parfois nécessiter de venir sentir le nez ou la bouche pour en être sûr.

Allons maintenant un peu plus loin. Le rythme cardiaque et respiratoire du bipède est très lent, mais très puissant. Ses muscles sont certainement bien dimensionnés, car le cœur cogne fort dans sa poitrine, et la respiration soulève sa cage thoracique d'une bonne longueur de patte de lapin. Et s'il éternue, tous aux abris, la déflagration est terrible. Cela me surprenait fortement au début, déclenchant un départ réflexe à tout coup. Maintenant j'ai appris à reconnaître quand l'éternuement arrive, et ma bipède a la gentillesse de s'écarter un peu préventivement de moi pour que je ne sois pas percutée par le spasme, ce qui permet de reprendre le câlin tout de suite après. Mais parfois, ça vient sans prévenir, et je n'y peux rien, je bondis! Bref, le bipède est tout de même un animal puissant, bien sûr parce-qu'il est grand, mais certainement aussi parce-qu'il est prédateur.  

Pour autant, je ne perçois pas forcément de signe que ma bipède part réellement à la chasse. Elle ne ramène jamais aucune odeur qui va dans ce sens. Pas plus qu'elle ne ramène de manière visible un animal qu'elle aurait chassé. Pourtant je sais qu'elle mange de la viande, car cela se sent, mais je ne sais pas comment elle se la procure. Tout comme finalement je ne sais pas vraiment où elle se procure les fruits et légumes qu'elle partage avec moi. Ce qui est sûr, c'est que le bipède est omnivore, il est en réalité tout à la fois prédateur et paisible brouteur. C'est sans doute pour cela qu'il peut établir une relation avec des animaux comme nous et voir au-delà d'un bon repas. Le bipède n'est pas si mauvais, dans le fond !

A bientôt,
Coca

lundi 15 août 2011

Le changement de terrier

Je pense que j'y ai déjà fait allusion plusieurs fois, le terrier que je partage actuellement avec ma bipède n'est plus celui dans lequel nous avons fait connaissance. Je vais donc vous raconter aujourd'hui le changement de terrier.

Au départ, le terrier de ma bipède était plutôt grand et bien construit puisqu'il comportait plusieurs pièces, tout comme un terrier de lapin. Il n'y avait qu'une pièce qui m'était interdite (mais j'ai quand même réussi à y aller plusieurs fois, hé hé), c'était celle qui contenait le sous-terrier pour le dodo de ma bipède. Elle en rebouchait toujours soigneusement l'entrée mais j'ai su m'y faufiler assez souvent pour savoir de quoi il retournait. Autrement, tout le reste était à moi, de même que la spacieuse garenne ombragée qui m'a permis d'observer en détail la garenne des bipèdes, tout en étant à l'abri. On y est resté assez longtemps, 2 cycles de saisons environ.

Mais un moment est arrivé où ma bipède sortait de moins en moins du terrier, et surtout beaucoup moins longtemps que d'habitude. Il y a de temps en temps des périodes comme ça, où ma bipède dort très longtemps le matin et sort peu, mais ça dure une ou deux semaines. Là, ça commençait à se compter en mois. Et même si c'était plutôt sympa de l'avoir toujours à la maison (surtout qu'à l'époque, les sorties de mon sous-terrier étaient conditionnées par sa présence, donc bipède souvent là était égale à plus de sortie), je sentais bien que quelque chose se préparait.  

Jusqu'au jour où elle a été prise d'une frénésie de déplacement d'objet bien plus importante que d'habitude. Progressivement, l'intégralité du terrier s'est retrouvée contenue dans des cachettes en feuillage. Enfin un beau matin, pleins de bipèdes sont venus pour emporter les cachettes, et pour finir ma bipède m'a embarqué dans son gros monstre, laissant derrière nous un terrier vide. Dans la nature, cela arrive que nous ayons à quitter un terrier, le plus souvent car il a été inondé par des précipitations trop importante. Mais là, le terrier était toujours bien au sec et je n'ai donc pas vraiment su pourquoi nous l'avions quitté.

Bref, ce soir-là, nous avons dormi dans le terrier des parents de ma bipède. Puis ma bipède s'est absentée pendant 2 jours, et lorsqu'elle est revenue me chercher, nous avons fait un très long voyage. Nous sommes finalement arrivées dans un autre terrier, beaucoup plus petit que le premier, mais surprise : toutes les cachettes contenant l'ancien terrier étaient là, et le sous-terrier commun était déjà en place, avec encore nos odeurs dessus. Je reconnu également le sous-terrier de ma bipède, celui qu'elle n'avait eu de cesse de me cacher... Cette fois il était là, devant moi, complètement accessible. Je compris donc rapidement que ce terrier, c'était notre nouveau terrier et qu'on allait y rester un moment! Ma bipède recommençait d'ailleurs à s'absenter fort longtemps en journée, et je su que les choses allaient reprendre leur cours normal.  

Mais il y avait un problème, ce nouveau terrier, il ne comportait qu'une seule pièce, et j'avais beaucoup moins de place pour gambader ou simplement pour me mettre au calme. Je tentais donc rapidement des travaux d'agrandissement, mais cela semblait ne vraiment pas plaire à ma bipède. Je trouvais rapidement la garenne, mais là aussi elle était beaucoup plus petite qu'avant, et beaucoup plus fermée. Je ne vois plus ce qui se passe en bas, dans la garenne des bipèdes, bien que j'entende parfaitement les bruits qui en provienne.  

Mais dans ce nouveau terrier, je pu enfin acquérir ma liberté. Cela a commencé la nuit, puisque cette fois ma bipède dormait dans la même pièce, elle a rapidement réalisé l'incongruité de la situation : je suis enfermée alors qu'elle est là, devant moi... J'obtins donc rapidement le droit de me balader librement pendant que ma bipède dort, même si concrètement, à cette heure-là, je dors moi aussi ! Mais je peux choisir où je veux dormir ! Il n'y a qu'un endroit qui ne va pas, c'est le sous-terrier de ma bipède : quand elle y dort, je n'ai pas le droit de la déranger. Mais je me permets de le faire quand même de temps en temps, quand elle tarde trop, hi hi hi !

Et depuis peu, j'ai également le droit de me balader en journée, lorsqu'elle s'absente longtemps. Je suis de toute façon habituée depuis longtemps à faire la sieste à ces heures-là, et puis à quoi bon réclamer nourriture et câlins quand elle n'est pas là? Autant dormir gentiment jusqu'à ce qu'elle rentre.

Au final, le terrier est plus petit, mais j'y accède tout le temps, donc cela revient au même que d'avoir un immense terrier qu'on ne peut pas explorer la moitié du temps ! Je ne sais pas encore combien de temps nous resterons ici, cela fait bientôt 2 ans que nous y sommes, peut-être un nouveau changement bientôt?

A bientôt !
Coca

vendredi 3 juin 2011

Il fait chaud...

Nous autres lapinous, on aime se tenir chaud, mais pas qu'il fasse chaud... Un peu contradictoire? Mais non, pas tant que ça. Un terrier de lapin, c'est creusé profond dans la terre, là où la température est constante... et plutôt fraîche. Donc il est normal qu'on aime se serrer un peu pour se tenir chaud. Mais en été, vous nous verrez rarement mettre le nez dehors avant la tombée de la nuit, quand les températures commencent à baisser, parce-que la forte chaleur, on n'aime pas ça du tout !

Mais dans un terrier de bipède, il fait beaucoup plus chaud que dans un terrier de lapin, même en hiver. Et en été, n'en parlons pas, ça peut même devenir un peu limite pour nous. J'ai le souvenir d'un été dans notre ancien terrier où c'était carrément dur, j'osais à peine bouger et même manger était un effort insupportable. Ça arrive fréquemment pendant disons 2-3 jours en été, mais là ça avait duré très longtemps, et je me suis demandée si j'allais m'en sortir. Ma bipède a fait ce qu'elle pouvait pour me soulager, elle m'humidifiait les oreilles et me mettait un bloc de glace au dessus de mon sous-terrier, un air vaguement plus frais en descendait. Je pouvais rester couchée dessous, mais malgré tout, c'était insupportable et je me ramollissais au fil des jours... Même dans la garenne la nuit il faisait encore chaud, c'était terrible ! Ma bipède me servait de l'eau parfumée à la banane directement sous le nez pour m'inciter à boire beaucoup, et au final c'est sûrement ce qui m'a sauvé. Puis l'orage a fini par arriver et les températures sont enfin redevenues supportables. 

Et en ce moment, l'été arrive, je le sens bien. Il fait parfois déjà trop chaud pour faire la sieste dans la garenne, pourtant le sol est en pierre donc il reste frais, mais souvent je rentre au bout d'une demi heure car il fait tout de même meilleur dans le terrier. Heureusement, il fait encore bien frais la nuit, ce qui permet d'équilibrer tout ça et de recharger les batteries pour le lendemain ! Mais en journée, c'est sieste à gogo, dormir, c'est encore ce qu'il y a de mieux quand il fait chaud ! Bouger le moins possible !


Dodo à l'ombre de la garenne... 

... ou au terrier ! 

Ce n'est que le début, alors j'espère que la chaleur restera raisonnable dans le terrier, je ne suis plus une jeunette et j'ai pris un peu d'embonpoint avec le temps, donc je supporte moins facilement les excès. Je compte sur ma bipède pour gérer tout cela, et je suis sûre qu'elle fera ce qu'il faut. Mais les caprices de la météo, parfois, même le tout puissant bipède n'y peut rien !

A bientôt !
Coca

samedi 21 mai 2011

Petite lapine deviendra grande

Je vais aujourd'hui vous parler d'un sujet délicat : les instincts de reproduction dans le cadre de la vie chez les bipèdes. Vous le savez, je suis la seule lapine à vivre dans le terrier et peu de chance me seront données de rencontrer d'autres lapins, alors cela pose un certain nombre de problème.

Mais reprenons au début : me voilà maintenant depuis quelques mois chez ma bipède, nous sympathisons de plus en plus, j'ai l'insouciance et l'énergie de la jeunesse. Pourtant, je sentais progressivement des changements s'opérer en moi. Je sentais de plus en plus souvent un besoin d'aller à la rencontre de l'autre, cela se traduisait par une sorte d'excitation fort agréable. Évidemment, le seul 'autre' que j'avais sous la patte, c'était ma bipède, et c'est donc sur elle que j'ai jeté mon dévolu. Petit à petit, je la voyais de moins en moins comme une simple colocataire, et de plus en plus comme 'celle qui allait me permettre de perpétuer l'espèce'. Je ne comprenais pas trop ce qui m'arrivait, mais c'était un sentiment qui venait du plus profond de moi et je savais qu'il y avait une mission que je devais absolument accomplir.

C'est ainsi que je recherchais de plus en plus souvent la proximité de ma bipède, je ne savais pas pourquoi ni comment, mais il fallait que je sois proche d'elle et que nous nous témoignions de l'affection mutuelle. Pour cela, il fallait attirer son attention par tous les moyens, aussi quand elle n'était pas disponible pour me toiletter dans le sous-terrier commun, je n'hésitais pas à courir autour d'elle en émettant des sons. Je ne sais pas d'où cela m'est venu mais je savais que c'était cela qu'il fallait faire. Quand enfin, elle acceptait de regagner le sous-terrier commun, je réclamais immédiatement un toilettage approfondi, tout en la marquant copieusement de pipis et de crottes odorantes pour lui signifier qu'elle m'appartenait. Heureusement, la bipède ne s'est jamais trop fait prier pour s'exécuter, même si je crois qu'elle appréciait moyennement le marquage.

Quoiqu'il en soit, ses caresses me procuraient de plus en plus de sensations. Ça a toujours été agréable, mais là, c'était différent, ça devenait carrément trop bon ! Il se passait beaucoup de chose en moi lors de ces câlins, et un jour, je me suis dit que cette fois ça y était, j'allais avoir des petits. A partir de là, je négligeais complétement ma bipède, il y avait bien plus important à faire : préparer un nid douillet. Je choisis pour cela une pièce du terrier éloignée des lieux de passage (oui car à l'époque, le terrier de la bipède était très grand et composé de plusieurs pièces, nous en avons changé depuis, encore quelque chose qu'il faudra que je vous raconte!), et dans un recoin, je me mis en tête d'accumuler un maximum de choses confortables. Certains des pelages de la bipède était parfait pour cela, mais je pouvais également prendre du foin pour faire une assise à la fois confortable et respirante. Une fois, j'ai eu l'idée de m'arracher les poils du ventre pour l'isolation, je ne sais pas ce qui m'a pris mais ce n'était pas agréable alors j'ai vite abandonné cette idée. Surtout que ce ne sont pas les matériaux qui manquent dans le terrier, donc inutile de m'infliger cela.  

Malheureusement, je ne sais pas pourquoi, les petits ne sont jamais arrivés. Mes mamelles étaient gonflées et me faisaient mal, mais le nid est resté vide. Il fallait donc à chaque fois recommencer tout le processus auprès de ma bipède, la danse, les câlins, le nid... Cela devenait infernal, et pourtant, je ne pouvais pas faire autrement. De plus, je voyais que tout cela commençait à agacer sérieusement ma bipède, elle repoussait de plus en plus souvent mes avances, ne supportait plus le marquage et voulait m'empêcher d'accéder au nid. Jusqu'au jour où... on est allée à une séance de torture.

Sauf que cette fois, ma bipède est repartie sans moi, me laissant seule avec les bourreaux. Ils m'ont beaucoup manipulés jusqu'au moment où je me suis endormie profondément, tellement profondément que je ne me souviens absolument de rien. Impossible de garder un œil entre-ouvert, de sursauter au moindre bruit, non, plus rien. Sortir de cet état a été très difficile, j'étais groggy, j'avais mal au ventre, et... quelque chose avait changé. Ma bipède n'a pas tardé à réapparaître et nous sommes rentrées au terrier. J'ai mis plusieurs jours à m'en remettre, pendant lesquels ma bipède a été au petit soin avec moi, elle allait jusqu'à m'apporter nourriture et boisson devant la bouche. Il s'était passé quelque chose avec mon ventre : je n'avais plus de poil et un morceau de fibre que font les humains collé sur la peau. Et dedans, ça tirait, il s'était passé quelque chose.

Au final, je ne saurais jamais comment les humains s'y sont pris, mais ils m'ont libéré de mes obsessions. Car suite à cet épisode, l'intensité de ma fixation sur les petits a chuté d'un coup, jusqu'à disparaître progressivement et totalement. Mes rapports avec ma bipède sont bien plus équilibrés maintenant, c'est de nouveau une simple colocataire, et moi je peux mener ma petite vie de lapinou tranquillement. Il y a toujours beaucoup de tendresse entre nous, mais c'est redevenu normal, ce n'est plus le fruit de ma folie. J'étais définitivement devenue une grande lapine, bien dans sa peau et dans sa vie chez les bipèdes !

A bientôt !
Coca

dimanche 1 mai 2011

La séance de torture

De temps en temps, je dirais tous les 6 mois environ, ma bipède m'emmène a une séance de torture. Oui, ça ne va pas être très gai aujourd'hui ! Ça commence par une mise en boîte et un voyage en gros monstre, mais la bipède ne prépare pas de cachette de pelage donc je sais qu'on retournera au terrier dans un délai raisonnable. Cependant, c'est pas parce-que c'est court que c'est mieux, c'est même parfois bien pire.

Donc, de temps en temps, on va dans un terrier de bipède un peu particulier. Dès l'entrée, on est assailli par les odeurs animales de ces lieux : chiens, chats, oiseaux, rongeurs et même lapins, visiblement beaucoup d'animaux passent par là. Mais ce qui est très angoissant, c'est que ce n'est pas une odeur d'animal heureux et en bonne santé : ça sent la souffrance et la maladie, mêlées à des odeurs agressives que j'aurais bien du mal à vous décrire.

On reste en attente un moment, je suis toujours dans ma boîte, les animaux et les bipèdes défilent, jusqu'à ce qu'un bipède au pelage vert vienne sonoriser avec ma bipède. Nous partons alors dans une autre pièce du terrier. Et là, les ennuis commencent. Le bipède en vert me sort manu militari de ma boîte, sans aucune forme de présentation, et me pose en hauteur sur une surface froide. Ma bipède est là, elle assiste à tout cela sans rien faire. Pire, elle a même l'air d'être complice avec le bipède vert.

Commence alors une longue séance de manipulation diverse, où le bipède vert me retourne dans tous les sens, m'appuie sur le ventre, m'ouvre la bouche, me met un truc froid dans les oreilles... Pendant ce temps-là, ma bipède sonorise tranquillement avec le bourreau, comme si tout était normal. Puis, le bourreau me pince la peau du dos et aïe ! Ca pique ! Et outch, ça brûle ! Et ça, deux fois de suite!  Non mais qu'est-ce qu'il leur prend à ces bipèdes? Et après ça, c'est même pas encore fini, puisqu'ils s'amusent à m'achever à deux en me tenant les pattes pour faire je ne sais quoi à mes puissantes griffes ! Et comment je vais creuser des terriers moi maintenant, hein?

Enfin, le bipède vert fini par me remettre dans ma cachette, que je suis très heureuse de retrouver pour une fois. Les bipèdes sonorisent encore un peu, puis nous repartons dans le gros monstre pour rentrer au terrier. Inutile de préciser que je ne veux plus rien savoir de ma bipède après ça. Je me toilette longuement pour me débarrasser de toutes ces odeurs stressantes que j'ai attrapé là-bas, et je boude le reste de la soirée, sans tenir compte de la sérénade que ma bipède me joue.

Et cela n'est pas fini, car généralement, je me sens moyennement bien dans les jours qui suivent. Le lendemain, j'ai mal au dos, je suis patraque, j'ai chaud, j'ai uniquement envie de dormir et je perds tout appétit. Je me bouge juste pour manger un minimum histoire de ne pas mourir de faim en plus, mais faudrait pas que ma bipède me demande de m'emballer parce-qu'elle va au tiroir magique.

Progressivement, les symptômes diminuent et l'appétit revient, mais je reste souvent enflée assez longtemps sur le dos, à l'endroit de la blessure. Je fini aussi par me réconcilier avec ma bipède, parce-que la cohabitation n'est pas vivable longtemps sinon, et puis j'ai quand même besoin qu'elle me toilette. Et j'avoue que le truc des griffes, c'est quand même pas mal, parce-que je suis bien plus à l'aise dans mes pattounes après. Enfin petit à petit, j'oublie ce qui s'est passé... jusqu'à la prochaine fois... Mais j'aimerais bien comprendre le pourquoi de tout ceci !

A bientôt !
Coca

dimanche 10 avril 2011

Les autres bipèdes

Donc je vous le disais, nous sommes arrivées dans le terrier d'autres bipèdes. Ceux-là vivent en couple, et je les connais : ils sont déjà venus dans le terrier de ma bipède, soit pour passer du temps à sonoriser avec ma bipède, soit pour s'occuper de moi quand ma bipède m'abandonne lâchement. Ma bipède ramène aussi de temps en temps leur odeur sur elle quand elle rentre. Bref, je pense que ce sont des bipèdes amis de ma bipède. Et me voilà maintenant dans leur terrier.

Nous étions à peine arrivées, que ma bipède a recommencé son ballet de déplacement de choses, mais cette fois il s'agissait de mes affaires, mon sous-terrier, ma litière, ma gamelle... Je compris donc que nous allions séjourner ici un moment. Ma bipède fait parfois cela, elle va dormir dans les terriers d'autres bipèdes pendant quelques jours, puis nous revenons dans notre terrier. Je pense qu'il s'agit là d'un comportement social important chez les bipèdes, car cela semble les rendre très heureux et ils passent beaucoup de temps à sonoriser entre eux.

Mais cette fois-ci, ma bipède a rapidement disparu et je suis restée dans ce nouveau terrier avec les deux autres bipèdes. Bon, à priori, ce sont des bipèdes amicaux, j'avais déjà eux l'occasion de les voir à l'œuvre et ils ne m'avaient pas semblé plus dangereux que la mienne. Je n'étais juste pas sûre de la signification de cette situation : était-ce ma nouvelle maison pour toujours? Ma bipède m'aurait-elle confié à d'autres bipèdes amicaux pour ne plus avoir à s'occuper de moi? Quoiqu'il en soit, je n'allais pas me laisser abattre : il y avait là tout un nouveau terrier à explorer, je n'allais donc pas m'ennuyer.

Rapidement, j'eus le droit de sortir de mon sous-terrier pour visiter. Ce terrier était aussi encombré que le notre, il y avait donc de nombreux recoins à explorer et pourquoi pas, de nombreuses possibilités d'extension. Il fallait donc se mettre à l'œuvre rapidement, et tâter des quenottes toutes les matières qui m'entouraient afin de voir dans laquelle il y avait des possibilités de creuser. Il y avait également de nombreux endroits à escalader, mais tout comme à la maison, un bipède finissait toujours par me freiner dans mon ascension.

Mais globalement, ce terrier était organisé comme celui de ma bipède. Avec le sous-terrier commun où je pouvais venir réclamer un toilettage, que j'obtenais tout aussi facilement qu'avec ma bipède, d'ailleurs. Ces bipèdes étaient juste un peu moins présent que la mienne (enfin, quand elle ne m'abandonne pas, n'est-ce pas?), et me laissais plus souvent enfermée, mais je recevais le même type de nourriture et des câlins si nécessaire. J'étais également grondée quand j'allais là où les bipèdes ne voulaient pas que j'aille, et bizarrement, c'est le même genre d'endroit qui est interdit que chez ma bipède ! Il doit décidément y avoir une raison à cela, même si elle m'échappe toujours ! Ces bipèdes-là savaient aussi taper du pied derrière moi pour me faire filer, visiblement, ils connaissaient quelques rudiments du langage lapin...

Et pour cause, je pense qu'il y avait un troisième habitant dans ce terrier. Un autre lapin, j'en suis presque sûre, je pense avoir reconnu cette odeur douceâtre que les deux bipèdes véhiculaient sur eux, et je pense l'avoir vu à l'entrée du terrier, bien que sa physionomie me paru étrange car il n'avait pas du tout les oreilles dressées comme tout lapin qui se respecte, mais des oreilles tombantes... Quel était donc cet étrange lapin? Était-ce une autre ethnie? Une ethnie amicale... ou pas? Dans le doute, je préférais fuir quand il se présentait devant le terrier, bien qu'il semblait y avoir une sorte de barrière invisible qui l'empêchait de passer (et qui n'empêchait aussi de sortir).

Et finalement, je n'ai pas eu le temps de faire plus ample connaissance avec tout ce petit monde, car ma bipède a finir par revenir pour me ramener dans notre terrier. Dommage, je pense que cela aurait pu être sympa aussi, surtout que ces bipèdes-là vivaient en groupe, cela aurait été intéressant pour mon étude sociologique du bipède. Ils avaient l'air plutôt sympa et je pense qu'on aurait pu bien s'entendre. Et puis, j'étais tout de même un peu fâchée après ma bipède, elle m'a une fois de plus fait croire qu'elle allait m'abandonner, pour finalement revenir la bouche en cœur, comme si de rien n'était ! Mais au fond de moi, j'étais bien heureuse d'être à nouveau dans mon terrier, avec ma bipède, et le lendemain, je finis par venir lui signifier qu'elle était pardonnée, et lui accordant l'immense honneur de me faire un toilettage en règle ! Et sans doute que j'aurais des occasions de revoir mes nouveaux amis bipèdes...

A bientôt !
Coca