Coca, c'est moi !

Coca, c'est moi !

mercredi 16 mars 2011

En attendant....

Coucou les amis, je ne vous oublie pas ! Je ne vous l'ai pas dit, mais en fait, j'ai besoin de ma bipède pour vous raconter mes aventures, et en ce moment, elle n'est pas assez disponible pour moi ! Mais dès qu'elle sera revenue à la raison, elle fera à nouveau ce que je lui dis ! 

J'en profite quand même de l'avoir sous la main pour vous signaler que c'est le printemps ! La garenne est en fleur, et j'y trouve déjà à manger ! Et avec le retour du soleil, le retour des siestes à l'ombre, à humer la délicate brise qui apporte à nos narines quantité d'odeurs à analyser... Il commence à faire chaud et je dois me débarrasser d'une couche de poil car la température grimpe vite dans le terrier l'après-midi. 

Le temps rend insouciant aussi, ma bipède oublie souvent de m'enfermer dans mon sous-terrier quand elle part. Mais bon, elle a la tête ailleurs de toute façon, alors tant mieux pour moi, je peux me prélasser successivement dans tous les sous-terriers toute la journée, c'est super chouette ! Par contre, elle n'oublie pas de devenir bruyante quand j'envisage des travaux d'agrandissement du terrier ou que j'explore les nouvelles possibilités. C'est pourtant le moment de le faire, mais elle ne comprend pas. Ah, mais c'est vrai que je vous avais promis un billet sur la communication humain/lapin ! A suivre...

A bientôt !
Coca

dimanche 27 février 2011

... aux câlins

Le temps passait et je prenais de plus en plus de plaisir à recevoir un toilettage, craquant des dents autant que je le pouvais. Dans le même temps, ma confiance envers ma bipède allait en grandissant. Si bien qu'un jour, je me surpris à réclamer un toilettage juste parce-que j'en avais envie, et non plus pour assoir ma position de dominante.

De toilettage, on passait donc aux câlins, qui impliquent une notion affective. Car si maladroite qu'elle put être, je sentais ma bipède se détendre quand j'étais auprès d'elle, et me renvoyer une profonde sensation de bien-être. Et moi aussi, je commençais à me plaire dans cette vie-là, et à apprécier sa compagnie. Un jour, je ne pus me retenir et je me jetais contre elle, et je perçus tout de suite que cela la rendait heureuse ! Et j'étais heureuse aussi !

C'était le début d'une grande histoire d'amour. Ma bipède s'appliquait de plus en plus pour trouver de nouvelles techniques de toilettage qui provoquaient encore plus de plaisir. Parmi mes câlins favoris, on retrouve celui qui stimule les joues et la nuque en même temps, plaisir maximum ! Le câlin qui part du nez et qui s'étire jusque dans la nuque en passant entre les 2 oreilles est pas mal non plus.

J'appréciais aussi de plus en plus que ma bipède se propose de me réchauffer. Au début, c'est délicat, vu la taille du bipède, de lui demander de se coucher sur nous. C'est même inenvisageable, tellement le danger semble grand. Mais c'est le bipède lui même qui trouve la solution, nous recouvrant juste de son membre supérieur, qui n'est pas trop lourd pour nous tout en provoquant une compression agréable et pleine de chaleur. Idéal pour faire une sieste pleine de beaux rêves !

Enfin quand la détente devient totale, j'en arrive même parfois à m'autoriser un relâchement des pattes arrières. Oui, celles qui nous permettent de décoller instantanément en toute situation ! Mais dès fois, j'y peux rien, je suis tellement bien, ça sort tout seul. Bon, quand je m'en rends compte, j'aime bien essayer de les ramener sous moi un peu quand même, par acquis de conscience... Mais souvent le combat est perdu d'avance alors je finis par accepter de me détendre complètement. Ma bipède est digne de confiance, elle n'a jamais essayé de me faire un coup fourré dans cette position !

C'est comme ça que j'ai maintenant la même relation avec ma bipède que celle que je pourrais avoir avec un lapinou favori dans la garenne : toilettage mutuel, siestes collées/serrées, confiance totale... La seule différence, c'est qu'il subsiste parfois quelques soucis de communication, dont je vous parlerais sûrement dans le prochain billet!

A bientôt !
Coca

jeudi 17 février 2011

Du toilettage...

L'une des occupations principales, chez nous les lapins, c'est le toilettage. Déjà, ça permet de bien remettre les choses en ordre, qui domine qui, donc in fine, qui aura le droit ensuite de manger en premier, de choisir les meilleurs reproducteurs, etc... Un geste social vital dans nos communautés, garant de la paix des ménages. Et accessoirement, c'est également un moment de détente et de bien-être, tout à fait appréciable quand on vit en permanence dans l'angoisse du prédateur.

Quand on vit avec un bipède, il faut donc rapidement le mettre au fait des usages. Ce n'est pas parce-qu'il est prédateur qu'il peut se soustraire à ses obligations. Et en fait, contrairement à ce que l'on pourrait penser, le bipède ne pose aucune difficulté à se soumettre, on dirait même qu'il n'attendait que ça !

Car autant que je m'en souvienne, ma bipède a présenté des signes de soumissions avant même que je ne lui demande quoi que ce soit. C'était même un peu gênant au début, car on ne se connaissait pas encore bien, et tout d'un coup comme ça, hors contexte, j'étais gratifiée d'un toilettage léger sur la tête. Mais j'avais bien entendu le message, et dès lors que j'estimais que nous étions assez intime pour cela, je vins lui réclamer mes toilettages.

Au début, la bipède était pour le moins maladroite, voire intrusive. Déjà, le bipède rechigne à utiliser sa langue pour cela, il préfère utiliser l'une de ses pattes supérieures. A l'usage, cela se révèle plutôt pratique car les pattes supérieures de bipède, à défaut de pouvoir être utilisées pour courir, sont plutôt fonctionnelles. Elles couvrent une plus grande surface que la langue, le toilettage est donc plus complet et plus efficace. Mais cette particularité leur permet également de nous recouvrir complétement, ce que nous ne pouvons autoriser dans un premier temps. Heureusement, ma bipède s'améliorait rapidement et les toilettes devinrent franchement agréables.

Bientôt, je me détendais même complétement, jusqu'à autoriser le recouvrement complet, situation fort douillette il faut le dire. Dès lors que je savais que je pouvais partir à tout instant, il devenait moins dangereux de se laisser aller. Cependant, au début, je devais être fort vigilante pour ne pas m'endormir dans cette position, me mettant alors en situation dangereuse. Pourtant un jour, le sommeil fût plus fort que tout et je m'endormais ainsi... Mais rassurez-vous, à mon réveil, en sursaut comme vous pouvez l'imaginer, en colère contre moi-même d'avoir fait acte de faiblesse, je pu constater que j'étais toujours libre de m'en aller comme bon me semble.

Il restait cependant un point à éclaircir. En effet, tout comme nous autres, au bout d'un moment, le bipède se lasse du toilettage. Dans un premier temps, je fis donc ce que l'on m'avait appris, un petit coup de quenotte léger pour rappeler ma bipède à l'ordre. Mais cela déclenchait chez elle des réactions tout à fait inappropriées. Elle devenait tout d'un coup extrêmement bruyante, faisant de grand geste, allant jusqu'à me chasser du sous-terrier commun, ce qui n'est pas du tout en rapport avec sa position sociale. J'avais beau revenir plusieurs fois à la charge, elle persistait dans son attitude irrespectueuse. Nous aurions pu nous fâcher pour de bon à ce moment-là.

Eh bien figurez-vous que ce qu'attend la bipède pour continuer le toilettage, c'est... d'être toilettée aussi. Oui, je vous vois lever les yeux au ciel, on frise là l'insulte la plus totale. Pourtant, quand on connait l'habileté au toilettage des bipèdes, il devient dur de s'en passer, cela pouvait donc valoir le coup de passer outre, après tout, ce ne sont que des humains, ils ne savent pas ce qu'ils font, les malheureux. Je me risquais donc à un toilettage léger, et victoire, ma bipède repris de plus belle ses caresses, avec une intensité redoublée. Je pense que c'était là la première fois que j'essayais de comprendre et d'utiliser le langage humain, avec succès comme vous le voyez. Je ne crois pas que l'humain se considère chef parce-qu'il a reçu un toilettage, il faut plutôt y voir une forme d'encouragement. En procédant ainsi, on peut se faire toiletter aussi longtemps que l'on veut. Et on finit même par rendre le toilettage de bon cœur !

A bientôt!
Coca


Obtenir un toilettage de bipède? Trop facile!

dimanche 30 janvier 2011

La garenne - 2ème partie

Je vous ai laissé sur un suspense insoutenable... Les trésors de la garenne du bipède ! Bon, je crois que ma bipède a pris l'initiative lors du précédent message de mettre une image de moi dans la garenne, alors finalement vous avez déjà eu un aperçu des trésors : des plantes fraîches et goûteuses !

A partir du moment où j'avais découvert cela, inutile de vous dire qu'aller à la garenne devint une obsession... Capucine, basilic, menthe, roquette, ou même simplement herbe fraîche, la garenne est un paradis. Mais je dois tout de même vous raconter comment, à l'âge d'un an, je me ridiculisais comme si j'avais été une jeune lapine ignorant tout de la vie. J'en rougis encore, quand j'y repense...

J'étais habituée dans le terrier à ce que la nourriture me parvienne déjà découpée... si bien que j'ignorais que dans la garenne, la nourriture était attachée. C'est ainsi que la première fois qu'une feuille de capucine se trouva sous mon nez, je plantais bêtement mes quenottes dedans et tirais dessus pour emmener mon butin à l'abri. Et une fois arrivée dans ma cachette, je me rendais compte qu'il ne restait rien de ma prise. Les fois suivantes, je tentais donc de tirer plus sèchement sur les feuilles, mais la plante se rétractait alors violemment et j'avais un morceau à peine plus grand qu'avant dans la bouche... Oui, je vous vois vous marrer en imaginant la scène ! Mais moi, je ne savais pas ! Depuis j'ai compris que je devais manger sur place, avec toute la vulnérabilité que cela entraîne... Et oui, à la garenne, une vigilance permanente s'impose, je comprends maintenant pourquoi on m'a dit cela.

Quoi qu'il en soit, je profitais grassement de toute cette verdure qui m'était offerte. Pourtant au fil des jours, les températures baissaient et les plantes cessaient petit à petit de faire de nouvelles feuilles, jusqu'à finalement jaunir complètement. L'hiver était arrivé, et bien que j'en avais entendu parler, j'imaginais que ce serait différent chez les bipèdes. Mais ça ne l'est pas, la Nature reste la plus forte, et quelque part, cette idée me rassurait. Je pus ainsi connaître la variété des saisons, le froid, la pluie, le vent, tout ce dont je suis à l'abri dans le grand terrier. La garenne, ça se mérite !

Je continuais pourtant de vouloir y aller, car c'est aussi un formidable terrain de jeu, comme vous le savez. Le lieu idéal pour les courses et les binkies les plus fous. Bon, il faut avouer que le terrier bipédien est assez grand pour en faire à l'intérieur, donc rassurez-vous, je pouvais en faire avant de connaître la garenne. Mais l'ouverture sur l'extérieur y apporta une nouvelle dimension ! La garenne comporte aussi de nombreuses cachettes parmi les plantes, c'est donc un régal de se défouler là de bon matin, puis de se planquer, et de faire un peu tourner la bipède en bourrique. Le matin, c'est mon moment préféré, ma bipède a ordre absolu de m'ouvrir ! Déjà parce-que je dois faire le tour du propriétaire, mais aussi parce-que rien ne vaut une course dans la garenne pour se réveiller et être en pleine forme !

Et cet hiver, j'ai découvert quelque chose de formidable : la neige... Je l'avais déjà vu de loin dans l'ancienne garenne (oui car j'ai connu 2 garennes et pas mal de terrier de bipèdes, faudra que je vous explique tout ça un jour), mais dans la nouvelle garenne, j'ai pu gambader dedans !

Le premier jour où je l'ai vue, je n'ai pas compris tout de suite ce qui se passait. Ma bipède poussait des grands cris de joie en ouvrant l'issue vers la garenne (des genres de 'Oh', 'Ah' !), et moi je voyais juste que tout était blanc, comme moi ! La garenne ne ressemblait plus du tout à ce que je connaissais, je ne savais pas au début si je devais y aller ou non. Je suis donc restée un long moment à l'entrée du terrier, examinant la situation, voyant que tout cela n'avait pas l'air de bouger, l'air glacial ébouriffant mon poil... Et je décidais de me lancer !

Première surprise, cette matière blanche cédait sous mon poids, au lieu de marcher dessus, je me suis retrouvée à labourer la garenne avec mon poitrail... Deuxième surprise, cela mouille les pattes, comme la pluie! J'ai rapidement du m'arrêter pour sécher tout ça d'un coup de langue râpeuse, et oui, c'était vraiment de l'eau, la plus pure qui soit ! J'essayais donc d'en manger un peu, et en effet, la matière se dérobait instantanément sous mes lèvres, fondant en une eau glacée. Mais rapidement, ma bipède m'avertit d'un danger, selon elle, cela n'était pas souhaitable de manger de la neige. Je n'ai pas trop compris pourquoi, mais voyant tout ce qu'il était possible de faire d'amusant dans cette neige, j'acceptais volontiers de passer à autre chose.

Je tentais donc ensuite de l'enlever, grattant de toutes mes forces, mais il en restait toujours autant. Néanmoins, le terrain commençait à devenir praticable, et je finissais par reconnaître les traits de la garenne que je connaissais, enfouie sous la neige. Le froid commençait aussi à me saisir, alors je me mis à tester la qualité du terrain en cas de départ anticipé. J'en déduis alors qu'il ne fallait pas tenter de labourer comme je l'avais fait au début, cela est trop long et trop fatiguant. Les déplacement sont plus aisés en sautant d'un point à l'autre par dessus la neige, il faut juste prévoir que la réception se fasse un peu plus bas que cela en a l'air, la neige s'effondrant à l'arrivée ! Mais une fois cela compris, la neige est très amusante, j'adore y faire mes binkies matinaux, j'en voudrais tous les jours !

Cela a duré presque un mois, et depuis, la pluie est revenue. Les températures sont remontées, mais la pluie et le vent, tous les pinous le savent, c'est vraiment pas bon. J'espère revoir encore un peu neige, ou alors voir arriver le printemps... et son lot de pousses fraîches et goûteuses!

A bientôt !
Coca


 
La neige, c'est pas stable...

Mais on s'y amuse beaucoup!

dimanche 23 janvier 2011

La garenne - 1ère partie

J'ai beau être chez les bipèdes, j'ai quand même une garenne ! Même qu'elle est à moi toute seule ! Mais comme elle est beaucoup plus petite qu'une garenne de lapin, c'est bien normal !

J'ai mis très longtemps avant d'oser explorer la garenne... Au début, je ne voulais carrément pas y aller, mais heureusement il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Le terrier de bipède possède une ouverture sur la garenne assez étrange : on voit la garenne même quand c'est fermé ! C'est une espèce de pierre lisse et transparente, et très grande, ce qui est normal vu la taille des bipèdes, mais qui nous posent un petit problème à nous autres : impossible de l'ouvrir par nous-même, une fois de plus je dépend du bon vouloir de la bipède pour sortir. Faut dire que cette ouverture est si grande, que ça fait un sacré courant d'air dans le terrier quand c'est ouvert !

Et donc au début, j'avais bien vu où se trouvait la garenne, mais dès qu'elle était accessible, un vacarme épouvantable en provenait, ce qui m'a longtemps tout simplement tétanisé. Voyant cela, ma bipède m'y a un jour emmené de force, car seule j'aurais sans doute mis beaucoup de temps à oser y aller, voire je me serais à jamais contentée de la douceur rassurante du terrier.

Les premières fois, c'était terrible, ma bipède avait carrément déplacé mon sous-terrier à l'entrée de la garenne. Et bien sûr, nulle sortie de secours à l'arrière, j'eus beau chercher, j'étais coincée dans mon sous-terrier, la seule issue possible étant vers la garenne. Je me réfugiais donc dans ma litière en attendant que ma bipède revienne à la raison ! Mais les bipèdes ne reviennent jamais à la raison, quand ils ont une idée en tête, c'est la surenchère, jusqu'à ce qu'ils parviennent à leur but. Donc imaginez-vous que ma bipède a pris l'initiative de me soulever (frisson d'horreur), pour me déposer en plein milieu de cette effrayante garenne... C'est ce jour-là que j'appris à protester bruyamment, ce qui fit son petit effet ! Je reçu immédiatement moult câlins et ma bipède se décida finalement à me laisser rentrer au terrier.

Mais comme je vous l'ai dit, les bipèdes, quand ils ont une idée en tête... Donc le lendemain, rebelote, je fus soulevée et conduite de force à la garenne. C'est vrai que la veille, hormis le bruit, il n'était rien arrivé de désagréable. Et ma bipède était là, près de moi, prête à intervenir si besoin. Alors je commençais à me détendre, et à penser qu'après tout, je serais bien bête de ne pas profiter de cette garenne qui m'était offerte, si bizarre soit-elle... Car la peur passant, je commençais à me rendre compte de ce qui m'entourait, et je dois dire qu'une garenne de bipède, ça ne ressemble pas du tout à celle d'un lapin.

A l'image du terrier bipèdien, sa garenne est faite de grosses pierres toutes droites. Il y a très peu de vert, qui est pourtant la couleur normale de la garenne lapinesque. On est dramatiquement proche des gros monstres bruyants dont le monde des bipèdes est peuplé, ceux que l'on voit de loin dans une garenne de lapin, et dont on évite de s'approcher tellement ils sont bêtes et bornés, fonçant droit devant eux en écrasant tout sur leur passage, lapins compris... De près, ils sont encore plus bruyant, c'est épouvantable pour nos oreilles paraboliques conçues pour capter des sons très fins, un véritable drame. Pour autant, ils circulent en contre-bas de la garenne associée au terrier, et tant que l'on reste dans le petit territoire alloué, on ne risque rien, en fin de compte, ils ne peuvent pas s'approcher. Il suffisait donc de surmonter leur bruit pour profiter de la garenne, exercice difficile et dangereux, un prédateur pouvant profiter de leur passage pour s'approcher silencieusement, car impossible de distinguer un autre son quand un monstre passe.

Quand il n'y a pas de monstre, on entend beaucoup d'oiseaux. Ce qui est fort désagréable pour nous également, leurs chants stridents étant difficilement supportable pour nos oreilles. Néanmoins, après fine observation, il s'avéra qu'aucun d'entre-eux ne faisaient partie des rapaces, il s'agissait de simples granivores et insectivores. Petit à petit, je surmontais donc mes peurs pour aller prendre possession du territoire, et je découvris que cette garenne recelait bien des trésors ! Mais... il se fait tard, c'est l'heure de la grosse sieste, je vous raconterais donc la suite une autre fois !

A la garenne...


A bientôt !
Coca

dimanche 16 janvier 2011

La gamelle

Et si je vous parlais maintenant ce qui vous intéresse le plus? Oui, allons, vous voyez bien de quoi je veux parler, le nerf de la guerre... la nourriture, bien sûr! Ma maman m'avait bien raconté comment nos confrères sauvages luttaient chaque jour pour trouver une nourriture saine et suffisante pour l'ensemble de la garenne... Comment les hivers pouvaient être difficiles, comment il fallait faire un maximum de réserve en été, où quelques mois bénis fournissent fruits et feuillages en abondance...

Rien de tout cela quand on vit chez une bipède. La nourriture tombe littéralement du ciel, à heure plus ou moins fixe, 3 fois par jour. L'herbe séchée est à disposition en permanence, on peut même chipoter et ne choisir que les brins qui nous plaisent. N'est-ce pas là le luxe suprême?

Concrètement, commet ça se passe? Je vous ai déjà parlé de la boîte magique de la bipède, il en sort toujours des légumes frais et variés. Ça fait partie des dons inexplicables des bipèdes. Donc 3 fois par jour, ma bipède, elle s'affaire près de sa boîte magique, et elle me sert une sélection de ce qui se fait de mieux. Jugez plutôt : carotte, céleri, salades diverses, persil, fenouil... toutes ces choses qui sont si rares dans la nature, et qui constituent une véritable bénédiction pour une garenne quand il en pousse à proximité. Il y en a tellement que quelques fois, je n'arrive pas à finir. Cela se ressent sur ma ligne, je dois bien l'avouer, j'ai en permanence assez de réserves pour passer l'hiver, sauf que d'hiver, il n'y a point chez les bipèdes.

Concernant les fruits, c'est un peu plus problématique. En effet, ma bipède s'arroge le droit de les manger en premier, outrepassant complétement mes prérogatives de dominante. Je suis donc chaque fois obligée de la rappeler à l'ordre, afin qu'elle n'oublie pas que c'est à moi que le trésor revient. Cela implique un combat au corps à corps, mais on devient super courageux et super fort quand on vit avec un bipède, alors je gagne toujours. Quelque fois, la bipède essaie de se cacher avec son larcin, mais elle oublie que nous sommes capables de sentir un fruit à plusieurs mètres de distance. Et de reconnaître le bruit du fruit que l'on mange, du jus dont on se lèche les babines, etc... donc c'est très rare que le bipède s'en sorte à ce jeu-là.

Autrement, c'est plutôt intéressant ce qu'on découvre. Les bipèdes trouvent tout un tas de fruits inconnus de nos ancêtres. Tout le monde connait la pomme, la poire, la fraise, la cerise... Mais connaissiez-vous la banane? J'ai mis beaucoup de temps à me laisser convaincre, au début, j'ai cru qu'il s'agissait d'une ruse de bipède pour me faire tomber dans ses filets. Le parfum de la banane est très fort, très puissant, avec presque quelque chose du fruit entrain de pourrir. Autant vous dire que je voyais ça d'un œil très circonspect! J'ai longtemps refusé l'offrande, mais pourtant la bipède insistait pour m'en faire manger à chaque fois qu'elle en mangeait. Après de long mois de résistance, et ma confiance allant en s'amplifiant vis-à-vis de ma bipède, je me décidais à goûter... Et là, mes amis, je crois que vous ne sauriez imaginer un aliment pareil... De texture molle et collante comme nos délicieux caecotrophes, la banane est en plus très sucrée et son parfum tout simplement enivrant, narcotique... J'avais donc raison de me méfier, mais trop tard, j'étais prise au piège de la dépendance, je crois d'ailleurs que c'est à partir de là que j'eus le courage de venir au corps à corps pour réclamer mon dû ! La banane m'avait fait passer chez l'ennemi ! Mais quel plaisir d'en manger ! C'est tellement violent que j'en ai des spasmes de plaisir à la dégustation...

J'étais prise également au jeu de la découverte, puisque je goûte maintenant les yeux fermés presque tout ce que ma bipède me propose. J'ai découvert des fruits acides, juteux, parfumés, de toutes sortes... Des légumes aussi que je connaissais pas, ils ont vraiment de l'imagination ces humains pour disposer d'autant de goûts différents. A tel point que quant arrive le moment de la « gamelle » (c'est le mot bipède pour désigner le trésor), je perds mes esprits. Je suis prise d'un besoin irrépressible de courir, quenotte en avant, mordant tout ce qui passe à proximité. Il faut savoir que ma bipède est d'une lenteur désolante quand il s'agit de servir la gamelle, entre le moment de l'ouverture de la boîte magique, et le moment où enfin j'accède au trésor, on a largement le temps de mordre tous ses compagnons de garenne. Ici je suis seule heureusement, mais je mors sans problème tout bipède passant à proximité dans ces moment-là, ils n'ont qu'à se dépêcher un peu après tout ! Mais j'ai bien conscience que je perds la boule, même ma bipède le voit, elle m'impose souvent de me calmer d'abord avant de me servir le trésor. Et elle est résistante la bougresse, elle est capable de repartir avec le trésor si je ne me reconnecte pas rapidement avec la réalité. Alors je prend sur moi, pour ne pas retarder encore le moment de l'extase suprême!

Je finirais sur le sujet de la nourriture par les affaires courantes, avec le foin. Vous savez que nous nous devons de mastiquer une bonne partie de la journée si nous ne voulons pas voir nos dents devenir exagérément longues et douloureuses. Nous devons donc passer nos journées à fureter la garenne à la recherche de la meilleure herbe, et encore faut-il qu'il y en ai assez pour tout le monde sans avoir à empiéter un territoire ennemi. Chez les bipèdes, à nouveau, point de problème. Le foin est généreusement servi, de telle sorte que l'on peut choisir de ne manger que les meilleurs brins. Une fois la sélection effectuée, il suffit d'en faire la demande et le bipède accourt pour nous en servir une nouvelle brassée à trier.

Bref, vous l'aurez compris, c'est là que réside le principal avantage de la vie chez les bipèdes. C'est même tellement facile, que ça en devient ennuyeux. Cela signifie que nous devons trouver d'autres activités pour remplir nos journées, mais heureusement, les occupations ne manquent pas... J'aurais sans doute l'occasion de vous en reparler!

A bientôt,
Coca

mercredi 12 janvier 2011

Premiers pas

Les premiers jours, je suis restée tout le temps enfermée dans ce sous-terrier que l'on m'avait attribué, et je recevais la même nourriture verte et dure qu'avant. Je n'avais plus à faire qu'à une seule bipède, les autres ne sont jamais revenus. Mes amis lapinous non plus.

Mais un beau jour, ma bipède a crée une ouverture dans mon sous-terrier, me laissant ainsi accéder au terrier tout entier. Je dois vous dire que je ne me suis pas faite prier pour visiter, j'avais déjà eu le loisir d'observer la bipède et de me rendre compte qu'elle était sans danger et que je la sèmerais très facilement, si nécessaire. C'est ainsi que j'ai pu voir mon premier terrier de bipède.

Bien sûr, au début, je pensais qu'il fallait que j'essaie d'en sortir. Mais j'ai eu beau l'explorer intégralement, tenter de l'attaquer par tous les côtés, tout cela me semblait bien solide. Cependant, mes conditions de vie commençaient à s'améliorer tout doucement. Le sous-terrier était de mieux en mieux aménagé, et la nourriture commençait à devenir intéressante lorsqu'on m'a enfin proposé de manger ce que tout lapin doit manger, de la verdure fraîche et juteuse.

De plus, la cohabitation avec la bipède se révéla moins périlleuse que prévue. Elle accepta très facilement de se soumettre dès lors que j'eus le courage de lui demander, et se montra particulièrement zélée à accomplir sa tâche. Cela devint même franchement agréable quand je pris l'initiative de venir dans son sous-terrier, le toilettage était assuré et l'endroit confortable et chaud.

Je pensais d'abord qu'il fallait que je m'approprie cet endroit pour assurer mon statut de chef, mais je me rendit vit compte que la bipède devenait beaucoup moins avenante, dans ces cas-là. Elle ne voulait pas se laisser faire, la bougresse ! On a fini par trouver un arrangement, je la laisse y aller puisque les toilettages y sont confortables, et j'ai cessé de marquer une fois que la propriété était bien établie. Bon, il y a eu autre chose aussi qui m'a calmé sur le marquage, mais je vous raconterais ça une autre fois.

Malgré tout, il restait toujours ce temps d'enfermement aléatoire dans mon sous-terrier. Je commençais à apprécier l'endroit, mais en vertu de mon statut de chef, je ne comprenais pas que la bipède m'interdise l'accès permanent à l'ensemble du terrier. Paraît-il que c'est pour ma « sécurité », c'est le mot de la bipède, mais il n'a pas la même signification pour elle que pour nous. Pour elle, « sécurité », c'est m'empêcher de monter sur les tertres pour surveiller les alentours, m'empêcher de creuser des galeries de secours pour le terrier, bref, vraiment pas la même signification, je vous dis. Pourtant je sais que c'est de cette notion là qu'il s'agit, car je pouvais ressentir la peur de la bipède lorsque je m'aventurais un peu trop loin à son goût. Après tout, la bipède connait bien son terrier, peut-être qu'elle connait des dangers dont je n'ai pas idée.

Mais force est de constater qu'à part la bipède, peu de prédateurs venaient visiter ce terrier. Il y avait toutefois un chat qui venait de temps en temps, mais ma bipède le contrôlait. Ça doit être ça, être prédateur suprême, le chef de tous les prédateurs. Mais si ce pauvre chat se laissait faire, ce n'était pas mon cas ! Je ne suis pas prédateur, alors je n'ai pas à me soumettre ! Mais je reconnais que vivre avec le prédateur suprême, ça apporte une certaine forme de « sécurité ».

Donc j'ai fini par prendre mes aises dans ce terrier de bipède, et à voir comment en tirer parti au maximum. C'est un peu ce que je suis venue vous raconter ici, on ne sait jamais, dès fois que ça vous arrive, de devoir cohabiter avec un bipède...

A bientôt !
Coca