Coca, c'est moi !

Coca, c'est moi !

samedi 21 mai 2011

Petite lapine deviendra grande

Je vais aujourd'hui vous parler d'un sujet délicat : les instincts de reproduction dans le cadre de la vie chez les bipèdes. Vous le savez, je suis la seule lapine à vivre dans le terrier et peu de chance me seront données de rencontrer d'autres lapins, alors cela pose un certain nombre de problème.

Mais reprenons au début : me voilà maintenant depuis quelques mois chez ma bipède, nous sympathisons de plus en plus, j'ai l'insouciance et l'énergie de la jeunesse. Pourtant, je sentais progressivement des changements s'opérer en moi. Je sentais de plus en plus souvent un besoin d'aller à la rencontre de l'autre, cela se traduisait par une sorte d'excitation fort agréable. Évidemment, le seul 'autre' que j'avais sous la patte, c'était ma bipède, et c'est donc sur elle que j'ai jeté mon dévolu. Petit à petit, je la voyais de moins en moins comme une simple colocataire, et de plus en plus comme 'celle qui allait me permettre de perpétuer l'espèce'. Je ne comprenais pas trop ce qui m'arrivait, mais c'était un sentiment qui venait du plus profond de moi et je savais qu'il y avait une mission que je devais absolument accomplir.

C'est ainsi que je recherchais de plus en plus souvent la proximité de ma bipède, je ne savais pas pourquoi ni comment, mais il fallait que je sois proche d'elle et que nous nous témoignions de l'affection mutuelle. Pour cela, il fallait attirer son attention par tous les moyens, aussi quand elle n'était pas disponible pour me toiletter dans le sous-terrier commun, je n'hésitais pas à courir autour d'elle en émettant des sons. Je ne sais pas d'où cela m'est venu mais je savais que c'était cela qu'il fallait faire. Quand enfin, elle acceptait de regagner le sous-terrier commun, je réclamais immédiatement un toilettage approfondi, tout en la marquant copieusement de pipis et de crottes odorantes pour lui signifier qu'elle m'appartenait. Heureusement, la bipède ne s'est jamais trop fait prier pour s'exécuter, même si je crois qu'elle appréciait moyennement le marquage.

Quoiqu'il en soit, ses caresses me procuraient de plus en plus de sensations. Ça a toujours été agréable, mais là, c'était différent, ça devenait carrément trop bon ! Il se passait beaucoup de chose en moi lors de ces câlins, et un jour, je me suis dit que cette fois ça y était, j'allais avoir des petits. A partir de là, je négligeais complétement ma bipède, il y avait bien plus important à faire : préparer un nid douillet. Je choisis pour cela une pièce du terrier éloignée des lieux de passage (oui car à l'époque, le terrier de la bipède était très grand et composé de plusieurs pièces, nous en avons changé depuis, encore quelque chose qu'il faudra que je vous raconte!), et dans un recoin, je me mis en tête d'accumuler un maximum de choses confortables. Certains des pelages de la bipède était parfait pour cela, mais je pouvais également prendre du foin pour faire une assise à la fois confortable et respirante. Une fois, j'ai eu l'idée de m'arracher les poils du ventre pour l'isolation, je ne sais pas ce qui m'a pris mais ce n'était pas agréable alors j'ai vite abandonné cette idée. Surtout que ce ne sont pas les matériaux qui manquent dans le terrier, donc inutile de m'infliger cela.  

Malheureusement, je ne sais pas pourquoi, les petits ne sont jamais arrivés. Mes mamelles étaient gonflées et me faisaient mal, mais le nid est resté vide. Il fallait donc à chaque fois recommencer tout le processus auprès de ma bipède, la danse, les câlins, le nid... Cela devenait infernal, et pourtant, je ne pouvais pas faire autrement. De plus, je voyais que tout cela commençait à agacer sérieusement ma bipède, elle repoussait de plus en plus souvent mes avances, ne supportait plus le marquage et voulait m'empêcher d'accéder au nid. Jusqu'au jour où... on est allée à une séance de torture.

Sauf que cette fois, ma bipède est repartie sans moi, me laissant seule avec les bourreaux. Ils m'ont beaucoup manipulés jusqu'au moment où je me suis endormie profondément, tellement profondément que je ne me souviens absolument de rien. Impossible de garder un œil entre-ouvert, de sursauter au moindre bruit, non, plus rien. Sortir de cet état a été très difficile, j'étais groggy, j'avais mal au ventre, et... quelque chose avait changé. Ma bipède n'a pas tardé à réapparaître et nous sommes rentrées au terrier. J'ai mis plusieurs jours à m'en remettre, pendant lesquels ma bipède a été au petit soin avec moi, elle allait jusqu'à m'apporter nourriture et boisson devant la bouche. Il s'était passé quelque chose avec mon ventre : je n'avais plus de poil et un morceau de fibre que font les humains collé sur la peau. Et dedans, ça tirait, il s'était passé quelque chose.

Au final, je ne saurais jamais comment les humains s'y sont pris, mais ils m'ont libéré de mes obsessions. Car suite à cet épisode, l'intensité de ma fixation sur les petits a chuté d'un coup, jusqu'à disparaître progressivement et totalement. Mes rapports avec ma bipède sont bien plus équilibrés maintenant, c'est de nouveau une simple colocataire, et moi je peux mener ma petite vie de lapinou tranquillement. Il y a toujours beaucoup de tendresse entre nous, mais c'est redevenu normal, ce n'est plus le fruit de ma folie. J'étais définitivement devenue une grande lapine, bien dans sa peau et dans sa vie chez les bipèdes !

A bientôt !
Coca

dimanche 1 mai 2011

La séance de torture

De temps en temps, je dirais tous les 6 mois environ, ma bipède m'emmène a une séance de torture. Oui, ça ne va pas être très gai aujourd'hui ! Ça commence par une mise en boîte et un voyage en gros monstre, mais la bipède ne prépare pas de cachette de pelage donc je sais qu'on retournera au terrier dans un délai raisonnable. Cependant, c'est pas parce-que c'est court que c'est mieux, c'est même parfois bien pire.

Donc, de temps en temps, on va dans un terrier de bipède un peu particulier. Dès l'entrée, on est assailli par les odeurs animales de ces lieux : chiens, chats, oiseaux, rongeurs et même lapins, visiblement beaucoup d'animaux passent par là. Mais ce qui est très angoissant, c'est que ce n'est pas une odeur d'animal heureux et en bonne santé : ça sent la souffrance et la maladie, mêlées à des odeurs agressives que j'aurais bien du mal à vous décrire.

On reste en attente un moment, je suis toujours dans ma boîte, les animaux et les bipèdes défilent, jusqu'à ce qu'un bipède au pelage vert vienne sonoriser avec ma bipède. Nous partons alors dans une autre pièce du terrier. Et là, les ennuis commencent. Le bipède en vert me sort manu militari de ma boîte, sans aucune forme de présentation, et me pose en hauteur sur une surface froide. Ma bipède est là, elle assiste à tout cela sans rien faire. Pire, elle a même l'air d'être complice avec le bipède vert.

Commence alors une longue séance de manipulation diverse, où le bipède vert me retourne dans tous les sens, m'appuie sur le ventre, m'ouvre la bouche, me met un truc froid dans les oreilles... Pendant ce temps-là, ma bipède sonorise tranquillement avec le bourreau, comme si tout était normal. Puis, le bourreau me pince la peau du dos et aïe ! Ca pique ! Et outch, ça brûle ! Et ça, deux fois de suite!  Non mais qu'est-ce qu'il leur prend à ces bipèdes? Et après ça, c'est même pas encore fini, puisqu'ils s'amusent à m'achever à deux en me tenant les pattes pour faire je ne sais quoi à mes puissantes griffes ! Et comment je vais creuser des terriers moi maintenant, hein?

Enfin, le bipède vert fini par me remettre dans ma cachette, que je suis très heureuse de retrouver pour une fois. Les bipèdes sonorisent encore un peu, puis nous repartons dans le gros monstre pour rentrer au terrier. Inutile de préciser que je ne veux plus rien savoir de ma bipède après ça. Je me toilette longuement pour me débarrasser de toutes ces odeurs stressantes que j'ai attrapé là-bas, et je boude le reste de la soirée, sans tenir compte de la sérénade que ma bipède me joue.

Et cela n'est pas fini, car généralement, je me sens moyennement bien dans les jours qui suivent. Le lendemain, j'ai mal au dos, je suis patraque, j'ai chaud, j'ai uniquement envie de dormir et je perds tout appétit. Je me bouge juste pour manger un minimum histoire de ne pas mourir de faim en plus, mais faudrait pas que ma bipède me demande de m'emballer parce-qu'elle va au tiroir magique.

Progressivement, les symptômes diminuent et l'appétit revient, mais je reste souvent enflée assez longtemps sur le dos, à l'endroit de la blessure. Je fini aussi par me réconcilier avec ma bipède, parce-que la cohabitation n'est pas vivable longtemps sinon, et puis j'ai quand même besoin qu'elle me toilette. Et j'avoue que le truc des griffes, c'est quand même pas mal, parce-que je suis bien plus à l'aise dans mes pattounes après. Enfin petit à petit, j'oublie ce qui s'est passé... jusqu'à la prochaine fois... Mais j'aimerais bien comprendre le pourquoi de tout ceci !

A bientôt !
Coca

dimanche 10 avril 2011

Les autres bipèdes

Donc je vous le disais, nous sommes arrivées dans le terrier d'autres bipèdes. Ceux-là vivent en couple, et je les connais : ils sont déjà venus dans le terrier de ma bipède, soit pour passer du temps à sonoriser avec ma bipède, soit pour s'occuper de moi quand ma bipède m'abandonne lâchement. Ma bipède ramène aussi de temps en temps leur odeur sur elle quand elle rentre. Bref, je pense que ce sont des bipèdes amis de ma bipède. Et me voilà maintenant dans leur terrier.

Nous étions à peine arrivées, que ma bipède a recommencé son ballet de déplacement de choses, mais cette fois il s'agissait de mes affaires, mon sous-terrier, ma litière, ma gamelle... Je compris donc que nous allions séjourner ici un moment. Ma bipède fait parfois cela, elle va dormir dans les terriers d'autres bipèdes pendant quelques jours, puis nous revenons dans notre terrier. Je pense qu'il s'agit là d'un comportement social important chez les bipèdes, car cela semble les rendre très heureux et ils passent beaucoup de temps à sonoriser entre eux.

Mais cette fois-ci, ma bipède a rapidement disparu et je suis restée dans ce nouveau terrier avec les deux autres bipèdes. Bon, à priori, ce sont des bipèdes amicaux, j'avais déjà eux l'occasion de les voir à l'œuvre et ils ne m'avaient pas semblé plus dangereux que la mienne. Je n'étais juste pas sûre de la signification de cette situation : était-ce ma nouvelle maison pour toujours? Ma bipède m'aurait-elle confié à d'autres bipèdes amicaux pour ne plus avoir à s'occuper de moi? Quoiqu'il en soit, je n'allais pas me laisser abattre : il y avait là tout un nouveau terrier à explorer, je n'allais donc pas m'ennuyer.

Rapidement, j'eus le droit de sortir de mon sous-terrier pour visiter. Ce terrier était aussi encombré que le notre, il y avait donc de nombreux recoins à explorer et pourquoi pas, de nombreuses possibilités d'extension. Il fallait donc se mettre à l'œuvre rapidement, et tâter des quenottes toutes les matières qui m'entouraient afin de voir dans laquelle il y avait des possibilités de creuser. Il y avait également de nombreux endroits à escalader, mais tout comme à la maison, un bipède finissait toujours par me freiner dans mon ascension.

Mais globalement, ce terrier était organisé comme celui de ma bipède. Avec le sous-terrier commun où je pouvais venir réclamer un toilettage, que j'obtenais tout aussi facilement qu'avec ma bipède, d'ailleurs. Ces bipèdes étaient juste un peu moins présent que la mienne (enfin, quand elle ne m'abandonne pas, n'est-ce pas?), et me laissais plus souvent enfermée, mais je recevais le même type de nourriture et des câlins si nécessaire. J'étais également grondée quand j'allais là où les bipèdes ne voulaient pas que j'aille, et bizarrement, c'est le même genre d'endroit qui est interdit que chez ma bipède ! Il doit décidément y avoir une raison à cela, même si elle m'échappe toujours ! Ces bipèdes-là savaient aussi taper du pied derrière moi pour me faire filer, visiblement, ils connaissaient quelques rudiments du langage lapin...

Et pour cause, je pense qu'il y avait un troisième habitant dans ce terrier. Un autre lapin, j'en suis presque sûre, je pense avoir reconnu cette odeur douceâtre que les deux bipèdes véhiculaient sur eux, et je pense l'avoir vu à l'entrée du terrier, bien que sa physionomie me paru étrange car il n'avait pas du tout les oreilles dressées comme tout lapin qui se respecte, mais des oreilles tombantes... Quel était donc cet étrange lapin? Était-ce une autre ethnie? Une ethnie amicale... ou pas? Dans le doute, je préférais fuir quand il se présentait devant le terrier, bien qu'il semblait y avoir une sorte de barrière invisible qui l'empêchait de passer (et qui n'empêchait aussi de sortir).

Et finalement, je n'ai pas eu le temps de faire plus ample connaissance avec tout ce petit monde, car ma bipède a finir par revenir pour me ramener dans notre terrier. Dommage, je pense que cela aurait pu être sympa aussi, surtout que ces bipèdes-là vivaient en groupe, cela aurait été intéressant pour mon étude sociologique du bipède. Ils avaient l'air plutôt sympa et je pense qu'on aurait pu bien s'entendre. Et puis, j'étais tout de même un peu fâchée après ma bipède, elle m'a une fois de plus fait croire qu'elle allait m'abandonner, pour finalement revenir la bouche en cœur, comme si de rien n'était ! Mais au fond de moi, j'étais bien heureuse d'être à nouveau dans mon terrier, avec ma bipède, et le lendemain, je finis par venir lui signifier qu'elle était pardonnée, et lui accordant l'immense honneur de me faire un toilettage en règle ! Et sans doute que j'aurais des occasions de revoir mes nouveaux amis bipèdes...

A bientôt !
Coca

samedi 9 avril 2011

Périples au pays des bipèdes

Cette semaine, il m'est arrivé des aventures. Des aventures comme il en arrive assez souvent depuis qu'on est dans le nouveau terrier, sauf que c'est chaque fois un peu différent et je ne peut pas prévoir ce qui va arriver. Mais ça commence toujours de la même manière.

Un terrier bipède est constitué d'une multitude de choses, et de pas mal de cachette pour y mettre ces choses, la boîte à légumes en est un assez bon exemple. L'une des occupations favorites du bipède, c'est de déplacer ces choses d'une cachette à une autre. Ce n'est pas de la nourriture, ce comportement n'est donc pas guidé par un besoin vital, sauf peut-être pour les matières fibreuses qui leur servent de pelage... Le reste, je pense que seul le bipède en connait l'utilité, quand au pourquoi du déplacement régulier de tous ces trucs...

Bref, de temps en temps, ma bipède est prise d'une frénésie de déplacement de ses pelages, qu'elle range dans une cachette bien particulière que j'ai vite appris à reconnaître. Tant que cette cachette est vide, tout va bien, dès qu'elle se remplit, il va se passer quelque chose. L'évènement est imminent quand elle prend sa cachette et la sort du terrier par la sortie de secours.

Plusieurs cas peuvent alors se présenter : soit je ne vais pas revoir ma bipède avant un moment, soit je vais moi-même être emmenée hors du terrier. Dans le premier cas, d'autres bipèdes viennent s'occuper de moi, me donner à manger, parfois me sortir et me câliner. Je ne sais jamais trop si ma bipède va finir par revenir, alors j'essaie de m'adapter à la situation du mieux que je peux, mais en général je m'ennuie beaucoup car les autres bipèdes sont juste de passage dans le terrier et le reste du temps je suis toute seule, enfermée dans mon sous-terrier. Alors je croise les pattounes pour que cette situation ne dure pas trop longtemps, et jusqu'à maintenant, ma bipède est toujours revenue et tout redevenait comme avant.

Dans le second cas, l'étape après la sortie de la cachette pleine de pelages, c'est ma mise en boîte. Ma bipède a une petite cachette spéciale pour moi, je n'ai jamais franchi la sortie de secours autrement que dans cette boîte. Sans doute le monde des bipèdes est-il trop dangereux pour qu'elle accepte que j'y aille de moi-même. Et puis dans cette boîte, c'est la bipède qui décide où je dois aller. Du coup, je ne suis jamais trop enthousiaste à l'idée d'y aller, mais ma bipède ne me laisse guère le choix, elle n'hésite pas à me prendre par la peau du cou pour m'y mettre. Au début, j'essayais de résister, mais ma bipède finissait toujours par parvenir à ses fins, au prix parfois de beaucoup de stress pour moi. Les bipèdes, tout maladroit qu'ils sont, n'en sont pas moins des prédateurs, alors s'ils veulent vraiment nous attraper, malheureusement, ils y arrivent, surtout dans l'espace confiné du terrier. Alors maintenant, quand je la vois poser la boîte devant moi, je capitule tout de suite, je me mets en position dans un coin du terrier et j'attends que ça se passe. Ma bipède fait cela de manière douce et ferme à la fois, ainsi cela se finit rapidement et sans stress.

Me voilà donc partie dans la boîte, emportée par ma bipède. Après un passage dans quelques galeries, nous voilà dans la garenne des bipèdes, au plus près des gros monstres bruyants dont je vous ai déjà parlé dans les premiers billets. Nous arrivons au milieu d'un troupeau au repos. Ils dorment les uns à côté des autres, bien rangés, et ne sont plus du tout bruyants ainsi. Et là, voyez-vous, ma bipède se dirige vers l'un d'eux, presque toujours le même, et me met à l'intérieur. Je sens que vous commencez à ne plus me croire, là... Mais pourtant, je crois bien que c'est ça, les bipèdes se servent en fait des gros monstres pour se déplacer. Ils parcourent de très, très longues distance par ce moyen, car quand je suis à l'intérieur, je sens bien que nous nous déplaçons très vite et très loin. Et plus le monstre devient bruyant, plus il va vite.

Enfin, après un temps plus ou moins long (de quelques dizaines de minutes à plusieurs heures), nous finissons par arriver... Dans le terrier d'autres bipèdes, parfois des bipèdes qui vivent en groupe, comme des lapins. Et c'est exactement ce qui est arrivé cette semaine, on est allée chez d'autres bipèdes. Des bipèdes que je connais... Mais que je suis bavarde, la suite dans le prochain billet !

A bientôt !
Coca

dimanche 3 avril 2011

La communication : les sons du bipède

Pour vivre avec un bipède, il est important de pouvoir communiquer avec lui. Alors que chez nous autres lapins, la communication passe essentiellement par le corps, le bipède, lui, semble communiquer par émission de son. Donc dès le départ, vous pouvez voir que tout est en place pour assurer une incompréhension totale.

Pourtant, il nous est tout à fait possible d'apprendre à reconnaître certains sons et leur signification dans le langage bipédien, tout comme il est possible pour un bipède d'apprendre à communiquer avec le corps. Dans un premier temps, le plus simple, c'est quand même que ça soit le lapin qui tente de comprendre le bipède, parce-que d'ici à ce que le bipède comprenne le lapin, les carottes pousseront sur les buissons !

Donc rapidement, je dus me mettre à l'apprentissage du langage bipèdien. Comme je le disais, le bipède communique par son. Il semblerait que la succession des fréquences sonores ait une signification, mais la tonalité également, et c'est ce qui est le plus facile à décrypter au début. Lorsque j'ai rencontré ma bipède, elle utilisait essentiellement une tonalité douce, assez agréable aux oreilles. Mais quelques temps plus tard, alors que je m'enhardissais dans l'exploration du terrier, furetant ça et là, tentant d'arracher une feuille, de mordiller une branche ou de creuser, survient un son sec, qui claque et résonne dans nos grandes oreilles : « Non ! ». Je pressentais qu'il s'agissait là d'un avertissement, mais sans en comprendre la nature tout de suite.

Après un léger moment d'alerte où je redressais les oreilles pour tenter de comprendre ce qu'il se passait, ne voyant rien venir, je repris mes activités. Et là, le son est arrivé comme un grondement de tonnerre, plus grave et plus appuyé qu'avant, « Noooon ! ». Bon, décidemment, il doit y avoir quelque chose. Pourtant, je ne détectais toujours rien d'anormal. Je décidais à nouveau de ne pas en tenir compte, et là, subitement, je vois ma bipède fondre sur moi, avec une vélocité que je ne lui connaissais pas... De plus, son visage avait changé, car les humains savent également s'exprimer avec le corps, même s'il semblerait qu'ils aient eux-même peu conscience de ce fait. En tout cas, je lus sur son visage qu'elle semblait très contrariée, et je préférais donc fuir sans demander mon reste.

Par la suite, la situation se reproduisit plusieurs fois, et je finis par comprendre ce qui déclenchait sa colère, et par ne plus attendre de me faire chasser pour changer d'activité. Mais heureusement, la communication bipédienne ne se limite pas à cela. La plupart du temps, c'est même plutôt agréable, ma bipède passe son temps à roucouler quand je me tiens devant elle, et cela s'accompagne fréquemment de caresses et de temps en temps, d'un morceau de fruit. J'ai finit par reconnaître certains sons associés à ces choses agréables, d'abord par la tonalité, puis par la fréquence, même si la tonalité change. « Vient ! », « Manger ! » (souvent à la fin d'une mélodie plus longue, « On va manger? »), « Bisous »...

Il y a aussi les sons qui signifie un déplacement des troupes. « File ! » par exemple est très clair, il faut s'éloigner de l'endroit où on l'est. « Hop hop hop ! », il faut accélérer le mouvement. Oui car dès fois, le bipède s'improvise chef de la garenne, et malheureusement quand cela lui prend, on n'a guère le choix que d'obéir, car c'est l'un des moments où il n'hésite pas à utiliser ses attributs de prédateurs pour nous faire capituler. En effet, en dernier recours, si on n'obtempère pas, on finit par se faire attraper et soulever du sol, grand moment d'angoisse s'il en est... Même si généralement il n'est pas difficile de sortir des pattes du bipède, il vaut quand même mieux éviter d'en arriver là, à mon avis.

Enfin, il est un son que j'ai bien du mal à comprendre. Je m'explique, voici dans quelle circonstance je l'ai entendu pour la première fois : dans mon premier terrier, le sol était dur et glissant. Or le sous-terrier commun se trouve en hauteur, il faut donc sauter pour y aller. Et un jour, ce qui devait arriver arriva : mes pattes glissèrent sur le sol au moment où je prenais mes appuis pour monter dans le sous-terrier, et je ne pus donner la puissance suffisante à mon saut pour y arriver. Ma bipède, voyant cela, fut alors prise d'une espèce de crise, répétant à l'infini un son très fort, comme si elle avait des spasmes « Ha Ha Ha Ha ! ». Mais cela semblait être une réaction très joyeuse, d'après l'expression de son visage !

Je n'osais pas croire à ce que je voyais. Je venais de faire une terrible chute, qui aurait pu me mettre gravement en danger si j'avais été poursuivie par un prédateur à ce moment là, et cela mettait ma bipède en joie. Je n'avais jamais été autant outragée de toute ma vie. Je lui tournais immédiatement le dos, avant d'aller rejoindre un endroit tranquille d'où je ne percevrais plus ce signe de profonde trahison.

Pourtant par la suite, cela est également plusieurs fois arrivé alors que je ne bougeais pas, ou que ma bipède ne pouvait pas me voir de là où elle était. Au début, je continuais de penser qu'elle se réjouissait de mon malheur comme ça, sans raison, et je commençais à la trouver drôlement insolente. Je continuais de lui montrer ma désapprobation, mais ça ne l'arrêtait pas toujours. Quelques fois, la crise est tellement violente et dure si longtemps, que cela me fait carrément peur, et je préfère me mettre en sécurité en attendant que cela passe.

Donc j'avoue qu'aujourd'hui, je ne suis toujours pas bien sûre des raisons de ces crises, mais je finirais bien par percer le mystère un jour ! Il y a encore tant à dire sur la communication avec le bipède... mais je vous garde tout cela au chaud pour de prochains billets !

A bientôt !
Coca

mercredi 16 mars 2011

En attendant....

Coucou les amis, je ne vous oublie pas ! Je ne vous l'ai pas dit, mais en fait, j'ai besoin de ma bipède pour vous raconter mes aventures, et en ce moment, elle n'est pas assez disponible pour moi ! Mais dès qu'elle sera revenue à la raison, elle fera à nouveau ce que je lui dis ! 

J'en profite quand même de l'avoir sous la main pour vous signaler que c'est le printemps ! La garenne est en fleur, et j'y trouve déjà à manger ! Et avec le retour du soleil, le retour des siestes à l'ombre, à humer la délicate brise qui apporte à nos narines quantité d'odeurs à analyser... Il commence à faire chaud et je dois me débarrasser d'une couche de poil car la température grimpe vite dans le terrier l'après-midi. 

Le temps rend insouciant aussi, ma bipède oublie souvent de m'enfermer dans mon sous-terrier quand elle part. Mais bon, elle a la tête ailleurs de toute façon, alors tant mieux pour moi, je peux me prélasser successivement dans tous les sous-terriers toute la journée, c'est super chouette ! Par contre, elle n'oublie pas de devenir bruyante quand j'envisage des travaux d'agrandissement du terrier ou que j'explore les nouvelles possibilités. C'est pourtant le moment de le faire, mais elle ne comprend pas. Ah, mais c'est vrai que je vous avais promis un billet sur la communication humain/lapin ! A suivre...

A bientôt !
Coca

dimanche 27 février 2011

... aux câlins

Le temps passait et je prenais de plus en plus de plaisir à recevoir un toilettage, craquant des dents autant que je le pouvais. Dans le même temps, ma confiance envers ma bipède allait en grandissant. Si bien qu'un jour, je me surpris à réclamer un toilettage juste parce-que j'en avais envie, et non plus pour assoir ma position de dominante.

De toilettage, on passait donc aux câlins, qui impliquent une notion affective. Car si maladroite qu'elle put être, je sentais ma bipède se détendre quand j'étais auprès d'elle, et me renvoyer une profonde sensation de bien-être. Et moi aussi, je commençais à me plaire dans cette vie-là, et à apprécier sa compagnie. Un jour, je ne pus me retenir et je me jetais contre elle, et je perçus tout de suite que cela la rendait heureuse ! Et j'étais heureuse aussi !

C'était le début d'une grande histoire d'amour. Ma bipède s'appliquait de plus en plus pour trouver de nouvelles techniques de toilettage qui provoquaient encore plus de plaisir. Parmi mes câlins favoris, on retrouve celui qui stimule les joues et la nuque en même temps, plaisir maximum ! Le câlin qui part du nez et qui s'étire jusque dans la nuque en passant entre les 2 oreilles est pas mal non plus.

J'appréciais aussi de plus en plus que ma bipède se propose de me réchauffer. Au début, c'est délicat, vu la taille du bipède, de lui demander de se coucher sur nous. C'est même inenvisageable, tellement le danger semble grand. Mais c'est le bipède lui même qui trouve la solution, nous recouvrant juste de son membre supérieur, qui n'est pas trop lourd pour nous tout en provoquant une compression agréable et pleine de chaleur. Idéal pour faire une sieste pleine de beaux rêves !

Enfin quand la détente devient totale, j'en arrive même parfois à m'autoriser un relâchement des pattes arrières. Oui, celles qui nous permettent de décoller instantanément en toute situation ! Mais dès fois, j'y peux rien, je suis tellement bien, ça sort tout seul. Bon, quand je m'en rends compte, j'aime bien essayer de les ramener sous moi un peu quand même, par acquis de conscience... Mais souvent le combat est perdu d'avance alors je finis par accepter de me détendre complètement. Ma bipède est digne de confiance, elle n'a jamais essayé de me faire un coup fourré dans cette position !

C'est comme ça que j'ai maintenant la même relation avec ma bipède que celle que je pourrais avoir avec un lapinou favori dans la garenne : toilettage mutuel, siestes collées/serrées, confiance totale... La seule différence, c'est qu'il subsiste parfois quelques soucis de communication, dont je vous parlerais sûrement dans le prochain billet!

A bientôt !
Coca